Les premières années de l'enfance : que se passe-t-il dans le cerveau ?
- maisonmeredargile

- 11 avr. 2024
- 4 min de lecture
Les premières années de l'enfance sont consacrées au jeu, à la créativité et à l'exploration de l'univers. C'est durant cette période de la vie que les enfants laissent peu de place à la rumination, ou à l'anxiété. Il se déconnecte de toutes les perturbations qui les entourent pour se rapprocher de la joie et du bonheur, qu'ils ne finissent plus de cultiver. C'est comme ça, que les enfants apprennent à vivre l'instant présent et qu'ils gardent en eux les souvenirs intensément vécus, comme un véritable trésor. Mais le plus incroyable dans tout cela, c'est qu'au-delà de ressentir un profond sentiment de liberté, les enfants vivent une période d'émerveillement sans savoir que leurs souvenirs finiront un jour, par s'effriter avec le temps.
Un souvenir d'enfance presque effacé
L'enfant, peut-il se rappeler de tout ce qu'il vit au quotidien ?
Le cerveau de l'enfant est encore immature avant l'âge de 2 ans. Seuls quelques bribe de souvenirs partiellement effacés peuvent lui revenir en mémoire notamment, si l'évènement a été trop intense à vivre pour lui. Dans ce cas, les souvenirs font appel à la mémoire émotionnelle qui enregistre implicitement tous les ressentis (la joie, la tristesse, la peur, la surprise, etc.). Quand l'enfant joue avec d'autres enfants, son cerveau se développe et devient assez mature pour encoder les apprentissages en mémoire notamment lorsque ceux-ci se répètent. Ainsi, tout ce que l'enfant vit, va avoir une répercussion sur son cerveau et ses comportements futurs seront durablement impacté.
Les croyances limitantes en sont un bon exemple, car elles sont en lien avec des expériences vécues par le passé et qui ont été perçu par l'enfant ou l'entourage comme négatives. Les paroles des parents ne sont pas sans conséquences pour le cerveau de l'enfant, car les enfants peuvent enraciner ces croyances dans leur personnalité et cela peut avoir un impact restrictif et négatif sur leur image.
Le cerveau de l'enfant
Et si le cerveau de l'enfant, à des besoins essentiels pour se développer, de nombreux facteurs peuvent venir perturber son bon fonctionnement (l'environnement, le stress, la peur, les critiques ...).
Le cerveau de l'enfant est très fragile, vulnérable, malléable et immature.
Comment se développe le cerveau de l'enfant ? Et pourquoi nous n'arrivons pas à nous souvenir de notre enfance ?
Le cerveau de l'enfant se développe progressivement. Ce sont les échanges avec les autres, les expériences et les apprentissages qui favorisent son développement. Mais il est tout aussi important pour le bon développement du cerveau de l'enfant, que les parents construisent autour de lui un environnement affectueux, émotionnellement stable et sécurisant. Le cortex préfrontal siège de la réflexion subit une maturation importante jusqu'aux deux ans de l'enfant et c'est la raison pour laquelle des fragments partiels de souvenirs subsistent en mémoires.
En psychologie cognitive du développement des recherches ont pu mettre en évidence les spécificités de la mémoire chez l'enfant et les apports des neurosciences sur le développement affectif et social du cerveau, quant à eux, aident à mieux comprendre l'enfant et elles incitent à une véritable révolution éducative.
L'amnésie infantile : quand le cerveau n'est pas encore assez mature pour pouvoir se remémorer un souvenir.
À partir de 2 et 3 ans, le cerveau est assez mature pour qu'il puisse accéder à ses souvenirs.
Avant cela, les enfants oublis presque tout ! La mémoire n'est pas suffisamment développée pour que l'information d'un évènement puisse être suffisamment encodée dans le temps. Puis, avant l'âge de 2 ans, l'enfant n'a pas forcément la capacité à mettre des mots sur ce qu'il vit. L'association des images et des sons est essentielles au langage et l'absence du mot empêche la verbalisation. Il est alors plus compliqué pour le cerveau d'enregistrer correctement ses premiers souvenirs.
Si l'enfant garde encore en mémoire un souvenir d'enfance, c'est qu'il y a eu un évènement marquant. La mémoire à la capacité de rattacher un souvenir à un fait marquant. C'est ce que l'on nomme la mémoire émotionnelle.
La mémoire des émotions : des faits marquants au traumatisme de l'enfant.
Il n'existe pas une, mais de nombreuses mémoires. Et parmi elles, nous avons la mémoire émotionnelle. C'est une mémoire qui perdure dans le temps même si l'évènement a été oublié. Et c'est bien souvent, par notre corps, que l'on se rappelle de ces évènements, car des réactions physiologiques ont été associées, à ce moment.
La mémoire émotionnelle est en lien étroit avec l'attention que l'on porte à un évènement. Cette mémoire est intrinsèquement liée à l'émotion et elle enregistre l'information de manière non-consciente. Ce qui veut dire, que le souvenir s'inscrit dans notre mémoire en fonction de notre ressenti intérieur et non de notre pensée.
Ce souvenir sera consolidé plus ou moins durablement en fonction de la sensibilité de l'enfant et de l'intensité de l'évènement. Et si l'émotion est trop vive, le cerveau peut refouler ce souvenir pénible, violent ou douloureux qui marque le résultat d'un véritable traumatisme pour l'enfant.
La mémoire émotionnelle est également à l'origine de nos réactions sociales, car toutes nos réactions en lien avec les expériences heureuses et douleurs, précédemment vécus restent durablement inscrites en nous et viennent modifier durablement nos comportements.
La madeleine de Proust : les sensations olfactives, peuvent-elles déclencher un souvenir d'enfance ?
Le terme de 'madeleine de Proust' est souvent utilisé pour évoquer une impression de souvenir d'enfance heureux, sans que l'on cherche à s'en rappeler.
L'odeur de la madeleine permet de récupérer une information sensorielle inscrite antérieurement dans notre mémoire. C'est plus précisément les pensées sensorielles antérieurement vécues avec la madeleine qui se réactive et qui à leur tour, font remonter en mémoire, ce souvenir. Ce n'est donc pas l'odeur familière de la madeleine à proprement parler qui déclenche le souvenir, ce sont les pensées liées à cette odeur qui nous permettent de faire remonter ce souvenir inscrit dans notre mémoire comme agréable. Et comme toute choses qui font appel aux sensations, elles s'inscrivent dans notre mémoire.
Plus le souvenir est vécu intensément et plus il restera ancré dans notre mémoire des émotions.
Le traumatisme chez l'enfant
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Bonne lecture !




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